28 avril 2010

La Dark-Mascotte de l'amour.

Sine Coeur Qui Bat.
C'est son nom.
Et son histoire est bien triste et longue.
N'ayant plus de bouche pour parler, il m'a laissé le soin de la narrer à sa place.

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Il était une fois, bien avant les hommes et leurs dieux, bien avant même la seconde genèse: Notre monde. Qui en ces temps éloignés, était composé de quatre continents posés aux quatre points cardinaux.
Au sud, le continent de Feu.
Au nord, le continent de Glace.
A l'est, le continent de Terre.
Et enfin à l'ouest, le continent de Vent.
Sur le continent de terre vivait un être unique prénommé Sine.
Aujourd'hui encore je ne saurais vous dire ce qui l'avait crée, ni d'où lui venait son nom.
Toujours est-il que, sur l'immense continent de terre, Sine était le seul représentant de son espèce. Néanmoins, tout n'était pas perdu pour lui: Vu qu'il était poussé par tout son corps, et toute son âme, à la recherche de "quelque chose".
A l'aide de sa queue serpentine, il remuait ciel et terre: Rampant sur des kilomètres, passant tous les cols, explorant toutes les grottes et les crevasse.
A l'aide de ses grandes oreilles, il écoutait tous les bruits de la terre: De l'éclosion de la fleur, au bruissement d'aile du papillon.
Mais rien n'y faisait: Il avait beau ramper, il avait beau écouter, il avait beau observer: Il ne trouvait que le vide et le silence:" S'il n'y a rien ici, ce que je cherche doit être ailleurs." Pensa-t-il.
Et aussitôt, il partit, à la nage, vers le continent de feu.
Mais à peine eu t-il atteint les côtes de ce dernier,  qu'une gerbe de lave en fusion l'ébouillanta. Il partit aussitôt, hurlant de ce qu'il nomma douleur.
Traumatisé, il se précipita à toute allure vers le continent de glace.
Mais lorsqu'il l'eu atteint, il en fut tellement heureux, qu'il se coucha à plat ventre sur l'étendue d'eau glacée, embrassant le sol de ses lèvres gercées par le sel.
Et quand il voulu se décoller de cette banquise, qui était en vérité aussi vide que le continent de terre... Sa bouche resta attachée au glacier à cause du froid. Et Sine, le visage ensanglanté, ne pu même pas crier sa souffrance et sa peine.
Il repartit aussitôt du cruel continent de glace, pleurant toutes les larmes de son corps. En chemin, le sel rongea sa chaire meurtrie, ce qui le fit plus souffrir encore. Mais surtout, l'accumulation de sel finit par combler la plaie sur laquelle la chaire ne tarda pas à se reformer.
Et bientôt, Sine n'eu plus que ses yeux pour pleurer et son nez pour respirer.
La créature qu'il était ne pourrait maintenant plus ni manger, ni boire: Mais il s'avait en son fort intérieur que ce qu'il cherchait le nourrirait.
Il se posa donc sur le continent de terre, ne voulant pas perdre quoique ce soit d'autre sur le continent de vent, puis s'installa sous un arbre, épuisé, et s'endormit... Espérant que "ce qu'il cherchait" le trouverait avant qu'il ne puisse plus se réveiller.
Au bout d'un peu moins d'une semaine, Sine fut brutalement tiré de ses songes par une petite chose chaude et mouvante qui venait de tomber sur son ventre.
Il posa ses mains dessus, avant d'ouvrir les yeux. Etait-ce bien ce qu'il cherchait ? Aussitôt, les mouvements désordonnés cessèrent. L'étrange être serpent ouvrit donc ses deux grands yeux bleus...
Et LE reconnu immédiatement sans jamais l'avoir réellement vu. Cette petite bête à la peau d'un blanc immaculé ne devait pas mesurer plus d'une quarantaine de centimètres. Elle ressemblait à un petit Sine, si ce n'est qu'à la place d'une queue il possédait deux "jambes" au bout desquelles se trouvaient deux "sabots", qu'il n'avait pas de "mains", et que, le plus flagrant, en lieu et place de la tête du petit être... Se tenait un gros oeil à l'iris argenté.
Aussitôt, Sine sentit son coeur battre très vite: Il prit la petite chose, son coeur aussi battait très fort contre ses côtes fragiles. Le trouveur aurait bien voulu donner un nom à sa trouvaille, mais il n'en voyait pas l'intérêt étant donné qu'il n'avait plus de bouche pour le prononcer.
Qu'importe, puisqu'il était absolument ravit d'avoir enfin trouvé ce qu'il cherchait.
Alors, il prit cette petite chose sans nom qui le regardait de son oeil rond, enroula sa queue serpentine autour de ce petit corps fragile, posa ses mains sur le globe oculaire qui servait de tête à cette adorable créature...
Et durant des mois, il n'eu de cesse de savourer, des yeux, du bout des doigts, et de la paume de la main, la peau délicieusement douce et la chaleur si réconfortante du petit être. Et ainsi, tout ce temps, les deux créatures, seules sur leur immense continent de terre ne se nourrirent et ne s'abreuvèrent que de ce que Sine appela des "caresses".
Mais au bout d'un temps, le petit n'oeil-n'oeil lové contre son "aimé", exprima, par force geste en tous genres, son désir de se dégourdir un peu les jambes. Ne voulant en rien lui nuire, Sine laissa partir la petite chose, qui avança d'abord d'un pas un peu maladroit... Avant de se mettre à courir comme un dératé, trop heureux de cette sensation nouvelle. Il courut, longtemps, très longtemps, et loin, très loin, si loin qu'il finit par échapper à l'affectueuse vigilance de Sine...
Et se retrouva nez à nez avec une drôle de plante au fond d'un trou.
Le n'oeil-n'oeil se pencha pour voir de quoi il s'agissait: Malheureusement, personne ne lui avait dit, et il n'avait pas pu le découvrir par lui même, que lorsque l'on se penche trop au dessus d'un trou...
On finit par tomber dedans.
Et là, en l'occurrence, la petite créature tomba buste en avant sur "la drôle de plante"
Une demie journée s'écoula avant que Sine ne commence à réellement s'inquiéter :
"Où est-il passé ?"
Se demanda t-il en scrutant l'horizon. Il dressa alors ses jolies oreilles à la forme si singulière, mais, comme au début de l'histoire, seul le silence qui oeuvrait en ces plaines lui répondit.
Et lorsque l'on attend l'être aimé, il n'y a pire torture que de ne pas avoir de ses nouvelles.
Sine sentit son coeur déchirer sa poitrine, terrorisé à l'idée d'avoir perdu définitivement son unique raison d'être...
Alors il se leva, rampa, couru, vola même... Jusqu'à ce qu'il trouve, au fond d'un trou, le petit corps sans vie de la créature qu'il chérissait tant.
Car voilà, sur le continent de terre, il y avait, depuis toujours, UN trou.
Trou au fond duquel avait poussé l'UNIQUE arbre à pieux de TOUTE la planète Terre.
Le SEUL arbre AU MONDE dont les épines aiguisées ne laissaient aucunes chances à qui s'empalerait dessus.
Or, il avait fallu que l'"amour" de Sine tombe sur cet arbre, et s'y transperce le coeur.
L'"homme-serpent" prit le petit n'oeil-n'oeil entre ses mains tremblantes: Son corps était froid, son oeil semblait vide, et surtout, son petit tambour intérieur ne battait plus.
Alors, désespéré, son visage inondé de larmes, le survivant retira avec toute la douceur du monde le pieu du cadavre ensanglanté de son tendre aimé... Et le planta dans le sien, espérant ainsi abréger ses souffrances.
Seulement voilà, le sort en avait décidé autrement: Sine ne mourut pas. Au lieu de cela, il brisa son coeur déjà blessé, et pleura de plus belle.
Sine, résigné, enterra le petit être dans le plus bel endroit du continent de terre, et se laissa tomber sous les larges feuilles d'un grand arbre nommé Yggdrasill, sous lequel il s'endormit, espérant ne jamais se réveiller.
Mais non, une fois de plus, le sort s'acharna contre le premier veuf de l'histoire.
Sine resta en vie: Mais il ne cessa de rapetisser et de maigrir, car il ne pouvait plus se nourrir de caresses. Ses cheveux tombèrent, et son sang ne cessa de couler car son pieu ne tomba jamais de sa poitrine meurtrie.
Et lorsque, enfin, il rouvrit les yeux... Il n'était plus du tout le même, et le monde également.
Les quatre continents élémentaires étaient devenus les continents que nous connaissons aujourd'hui, et Sine n'était plus seul. Devant lui, le regardant d'un air perplexe: Un homme, ou plutôt, un être humain avec un coeur... Sine, sentit la douleur dans sa poitrine se faire plus présente encore; et d'un seul coup, d'un seul, tout ce qu'il avait éprouvé jusqu'à maintenant, le plaisir, la joie, la tristesse, tout se transforma en une haine dévastatrice !! Alors, d'un mouvement rapide, la petite chose qu'il était devenu prit un pieu, et le planta dans le coeur de l'homme qui lui faisait face.
Mais, pour leur plus grande surprise à tous deux, l'homme ne mourus pas non plus. Au lieu de cela, il souffrit à son tour. La douleur fut tel, que le dit humain prit à son tour un pieu pour le planter dans le coeur d'un de ses semblables. Cependant, unis par la douleur, les deux êtres ne purent se séparer.
Et c'est ainsi que Sine créa, et propagea, la seule douleur universelle... Qui fut nommée par la suite: L'Amour.

Posté par NocturneAeros à 19:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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